Le CUFI : 50 millions d’évangéliques pour soutenir Israël

15 05 2012

Dans un pays où les citoyens ont déserté les partis politiques pour rejoindre des Églises évangéliques, la formation de l’opinion publique commence par l’encadrement des fidèles. Alors qu’ils préparaient l’offensive contre le Liban, le Pentagone et Tsahal mettaient en place une fédération des chrétiens sionistes, le CUFI, avec pour mission de transformer 50 millions d’évangéliques en militants de la guerre.

 

Thierry Meyssan

Mardi 15 Août 2006

Réunion de Christians United for Israel (CUFI).

Réunion de Christians United for Israel (CUFI).

par Thierry Meyssan*

Pour s’assurer du soutien de l’opinion publique états-unienne dans la guerre contre le Liban — puis la Syrie et l’Iran —, le Pentagone et Tsahal ont mis en place une structure d’encadrement, dès la fin 2005, pour mobiliser 50 millions d’évangéliques. L’axe central de cette opération a consisté à fédérer leurs leaders au sein d’une structure idéologique unique : Christians United for Israel (Chrétiens unis pour Israël – CUFI). La fonction de ce nouveau groupe n’est pas de se substituer à l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) [1] en termes de lobbying dans la classe dirigeante, mais de propager la théologie sioniste dans les Églises évangélique et au-delà de sorte que le soutien aux offensives israéliennes soit perçu par une majorité d’États-uniens comme un devoir religieux.

En janvier 2006 paraît un ouvrage à sensations : Jerusalem Countdown : A Warning to the World… the Last Opportunity for Peace (Le compte à rebours de Jérusalem : une alerte pour le monde… la dernière occasion pour la paix) [2]. Il devient immédiatement et pour trois mois, le principal best-seller vendu en supermarché aux États-Unis.
Résumons son propos en essayant de rester sérieux : l’Iran est dirigé par des fanatiques qui veulent rayer Israël de la carte en lançant une bombe atomique sur Jérusalem. Après l’invasion d’Israël par les musulmans et les Russes, une seconde guerre pour le contrôle d’Israël opposera les États-Unis d’un côté à la Chine et l’Union européenne de l’autre. C’est là que surgira l’Antechrist [3] sous la forme du président de l’Union européenne. Enfin une terrible guerre atomique concluera ce cycle. La bataille décisive se tiendra à Meggido (Armaggedon). Alors le Christ radieux pourra revenir sur terre récompenser ceux qui ont cru en lui. Heureusement Tsahal et le Pentagone peuvent faire pencher la balance du bon côté en intervenant préventivement, y compris en utilisant de nouvelles bombes nucléaires tactiques. Il faut donc livrer la guerre sans attendre.
L’auteur de ce best-seller militaro-religieux est le pasteur texan John Hagee, la nouvelle star du christianisme sioniste [4].

 

Le banquet de création du CUFI (18 juillet 2006).

Le banquet de création du CUFI (18 juillet 2006).

Les origines du christianisme sioniste

Historiquement le sionisme est un phénomène chrétien bien avant d’être juif. Les chrétiens sionistes croient former un second peuple élu et pensent que leur destin est lié à celui du peuple juif. Pour eux, le retour du Christ ne surviendra pas avant que les juifs ne se soient regroupés en Palestine. Pour hâter la fin des temps, ils doivent donc re-créer un État pour les juifs et ne pas avoir peur de provoquer des cataclysmes apocalyptiques.
Le premier chef d’État à faire de son pays un second Israël et à appeler à la création d’un État juif en Palestine est le puritain anglais Oliver Cromwell au XVIIe siècle. Après la restauration de la monarchie, ceux de ses adeptes qui furent chassés du royaume s’enfuirent en Irlande du Nord et aux Pays-Bas, puis fondirent des colonies en Afrique australe et en Amérique. Ce courant politico-religieux ne disparut pas pour autant d’Angleterre. Il trouva même une nouvelle expression avec le Premier ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraeli, qui est aujourd’hui la référence historique principale des néo-conservateurs. Cependant le rabbinat était depuis toujours farouchement opposé à la création d’un État juif. Lorsque l’occasion s’était présentée au XIIe siècle, il avait refusé une proposition en ce sens de Richard Cœur de Lion et n’avait jamais changé d’appréciation. Les chrétiens sionistes durent attendre le XIXe siècle et le nationalisme de Theodor Hertzl pour trouver des juifs sécularisés qui acceptent leurs plans.

Comme l’a montré Jill Hamilton, la décision de Llyod George et Lord Arthur James Balfour en 1917 de créer un « foyer national juif » en Palestine, si elle a donné lieu à de nombreuses justifications rhétoriques, est bien l’aboutissement du rapprochement entre chrétiens sionistes et nationalistes juifs [5].

Cependant cette alliance se heurtait à une contradiction : l’antisémitisme chrétien. En effet, les chrétiens sionistes affirmaient qu’à la fin des temps les juifs devraient se convertir au Christ ou être précipés en enfer. Bref, un bon juif serait un juif converti au christianisme. Quoiqu’il en soit, les conjonctions d’intérêt à court terme passèrent avant ce type de considération, elles devinrent même une politique.

Au cours de la guerre des Six jours (1967), Israël prit conscience du poids électoral des sectes évangéliques sionistes aux États-Unis et commença à financer leur leader, le pasteur Jerry Falwell, co-fondateur de la Moral Majority [6]. En 1978, il fut invité à planter des arbres sur la « Terre promise » et donna son nom à une forêt. En 1979, le gouvernement israélien lui offrit un jet privé pour l’aider dans son ministère religieux. En 1980, le Premier ministre Menahem Begin lui remit solennellement à New York la prestigieuse médaille Zeev Jabotinsky, du nom du penseur d’extrême droite qui fut son mentor et dont Netanyahu père fut le secrétaire.

- Cette alliance est institutionnalisée en septembre 1980. À l’occasion du vote d’une résolution de la Knesset affirmant — en violation du droit international — que Jérusalem est la capitale d’Israël, Begin finance la création de l’Ambassade chrétienne internationale de Jerusalem (International Christian Embassy Jerusalem). Cet organisme développe le tourisme évangélique et collecte des fonds auprès des pélerins en faveur de l’immigration juive. Pour cela, il a ouvert un « consulat » dans chaque État des États-Unis.
- En août 1985, l’Ambassade organise avec les autorités du régime d’apartheid sud-africain le premier congrès mondial des chrétiens sionistes [7]. Il se tient à Bâle (Suisse) dans la salle où 98 ans plus tôt Theodor Herzl créa le mouvement juif sioniste.
- En octobre 2003, les chrétiens sionistes scellent leur alliance avec les néo-conservateurs lors du Sommet de Jérusalem, en présence d’Ehud Olmert et de Benjamin Netanyahu [8].
- Enfin, le 5 janvier 2004, le bureau du Sommet de Jérusalem créée un groupe ad hoc de 14 parlementaires à la Knesset, le Christian Allies Caucus [9].

Toutes ces opérations ont été conduites avec l’aide d’une discrète organisation, la Fellowship Foundation, qui supervise et finance discrètement depuis le Pentagone une myriade d’Églises évangéliques dans le monde [10].

Le sénateur Rick Santorum s’adressant aux membres du CUFI.

Le sénateur Rick Santorum s’adressant aux membres du CUFI.

La théologie des deux alliances

La théologie des deux alliances

L’originalité du pasteur John Hagee est d’avoir concilié la foi évangélique à la réalité de l’État d’Israël. Dès 1988, il affirme que les juifs observant la Loi de Moïse seront sauvés sans avoir à se convertir au Christ. C’est la « théologie des deux alliances » : Dieu a conclu des pactes différents avec ses deux peuples élus, les juifs et les évangéliques. Le révérend Hagee est d’abord rejeté par Jerry Falwell, puis réintégré dans le concert chrétien sioniste, dont il devient aujourd’hui le porte-parole [11]. Ce parcours et cette innovation idéologique font de lui l’homme idéal pour transformer le mouvement religieux chrétien sioniste en un lobby de masse pour Israël.

Le 7 février 2006, le révérend John Hagee anime au Texas une rencontre de 400 pasteurs évangéliques états-uniens en vue de la création d’une fédération des chrétiens sionistes. Simultanément, il lance avec l’Ambassade chrétienne un magazine bimestriel diffusé en supplément du Jerusalem Post, le JP Christian Edition. Le Post est un quotidien néo-conservateur dirigé par Aviv Bushinsky, ancien conseiller en communication et porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le supplément mêle des articles sur le parc d’attraction évangélique en Galilée et d’autres sur la menace iranienne, et ses bras armés le Hamas et le Hezbollah. On y dénonce aussi les universitaires européens qui analysent l’écriture de la Bible dans son contexte socio-historique et traitent l’Israël biblique comme un mythe.

Loin d’être un handicap pour sa nouvelle mission, l’extrémisme du révérend Hagee plaît aux Likoudniks : n’a-t-il pas écrit un éloge de l’assassinat d’Yitzhak Rabin, coupable à ses yeux d’avoir bradé la « Terre promise » ? [12]

La fédération des chrétiens sionistes voit le jour à l’occasion d’un banquet de 3 500 pasteurs et responsables évangéliques à l’hôtel Hilton de Washington… le 18 juillet 2006, soit cinq jours après le début de l’offensive israélienne contre le Liban. La Providence fait bien les choses et c’est l’occasion d’une mobilisation de toutes les organisations évangéliques en faveur de Tsahal. Au micro, outre le pasteur Jerry Falwell, se succèdent des parlementaires états-uniens (les sénateurs Sam Brownback, John Cornyn, Kay-Bailey Hutchison et Rick Santorum, le représentant Henry Bonilla), l’ambassadeur d’Israël Daniel Ayalon et l’ancien chef d’état-major le général Moshé Yaalon. La nouvelle fédération prend le nom de Christians United for Israel (CUFI) [13].

Dans la foulée, les parlementaires du CUFI mettent en place un Israel Allies Caucus à la Chambre des représentants pour faire le pendant du Christian Allies Caucus de la Knesset. Il est co-présidé par le républicain Dave Weldon et le démocrate Eliot Engel [14]. Des groupes parlementaires identiques sont en cours de formation aux Philippines et en Corée du Sud.

Si le révérend John Hagee est un prêcheur à succès, à la tête d’un petit empire de communication, il n’est pas la tête pensante du CUFI. La fédération chrétienne sioniste est dirigée par David Brog, un assistant parlementaire juif sioniste et accessoirement un cousin de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak. Bien qu’il comprenne des parlementaires démocrates, le CUFI chasse presque exclusivement sur des terres républicaines. Il entretient notoirement des liens étroits avec la Maison-Blanche et a joué un rôle important dans l’adoption par le Congrès d’une résolution « condamnant les récentes attaques contre l’État d’Israël, tenant les terroristes et leurs États-sponsors comme responsables de ces attaques, et supportant le droit d’Israël à l’auto-défense » [15]. Texte rédigé par l’AIPAC et adopté par 410 voix contre 8 à la Chambre des représentants et à l’unanimité par le Sénat. De même, le CUFI et l’Israel Allies Caucus ont convaincu 115 représentants d’écrire au président Bush pour qu’il durcisse les sanctions contre la Syrie.

C’est David Brog qui a lancé l’expression « douleurs de l’enfantement » à propos du remodelage du Grand Moyen-Orient, en citant L’Évangile selon Matthieu, chapitre 24. Des guerres actuelles, un monde nouveau surgira. Jésus n’a-t-il pas dit : « Il en viendra beaucoup sous mon nom qui diront “C’est moi le Christ” et ils abuseront bien des gens. Vous aurez aussi à entendre parler de guerres et de rumeurs de guerre, voyez ne vous alarmez pas car il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. (…) Et tout cela ne fera que commencer les douleurs de l’enfantement ». Une expression désormais reprise par Condoleezza Rice pour que les évangéliques adhèrent à la politique néo-conservatrice [16].

« Israël fait notre travail et œuvre pour les peuples libres. Ses ennemis sont les mêmes ennemis que ceux des États-Unis. Il s’agit d’une bataille qui s’inscrit dans une guerre plus large, celle contre la civilisation judéo-chrétienne des forces du Bien contre celles du Mal. (…) Israël est en première ligne dans la guerre contre le terrorisme et nous ne pouvons que le soutenir », déclarait David Brog à l’AFP, il y a quelques jours [17].

Le principal travail de David Brog est de rabibocher juifs et chrétiens sionistes en faisant oublier des siècles d’antisémitisme chrétien [18]. Pas facile dans un pays qui, il y a deux ans, applaudissait un film de Mel Gibbson, La Passion du Christ, désignant les juifs comme déïcides [19]. En mai 2006, M. Brog a publié un essai Standing with Israel : Why Christians Support Israel (Debout avec Israël : pourquoi les chrétiens soutiennent Israël) [20]. Prenant quelques libertés avec l’Histoire, il y affirme que les deux peuples élus se sont réconciliés lorsque les États-Unis ont vaincu le IIIe Reich et voté la création de l’État d’Israël.

L’éditeur chrétien Steve Strang, le rocker Pat Boone et le pasteur Jerry Falwell au CUFI.

L’éditeur chrétien Steve Strang, le rocker Pat Boone et le pasteur Jerry Falwell au CUFI.

L’impact du CUFI

Le pasteur John Hagee dipose de moyens de communication exceptionnels. Il produit deux fois par un jour un talk-show diffusé par l’un des trois grands réseaux télévangéliques au monde, Trinity Broadcast Network (TBN). Ce programme, accessible par satellite dans le monde entier est reçu par 92 millions de foyers aux États-Unis. TBN a toujours été lié à Israël et au gouvernement sud-africain à l’époque de l’apartheid [21]. Le révérend Hagee peut aussi compter sur la maison d’édition de son ami Steve Strang qui publie notamment le mensuel Charisma.

En outre John Hagee n’a pas de problèmes financiers. En 2000, il a acheté un ranch à Brackettville (Texas) pour 5,5 millions de dollars géré par la Texas Israel Agricultural Research Foundation. Il peut y recevoir ses amis, dont les avions atterrissent sur son aéroport privé. En 2001, le salaire de ce précheur béni de Dieu s’élevait à 1,25 millions de dollars [22]

Kevin Philips, qui est considéré comme un des meilleurs experts de sociologie électorale aux États-Unis, assure que l’administration Bush s’appuie sur trois groupes sociaux : la bourgeoisie liée au pétrole, les fidèles évangéliques, et les retraités vivant à crédit [23]. L’encadrement des Églises évangéliques s’étant substitué à celui du parti républicain, les évolutions théologiques sont déterminantes pour la politique de Washington.

Il est trop tôt pour affirmer que l’objectif du CUFI est atteint. Cependant, face aux événements qui ensanglantent le Liban, 68 % des États-uniens déclarent aux sondeurs qu’ils se sentent spontanément proches d’Israël et 63 % que l’administration Bush doit poursuivre ou accroître son soutien militaire à Tsahal [24].

En novembre 2004, John Hagee remet deux chèques d’1 million de dollars chacun pour les enfants israéliens et pour les juifs immigrants.

En novembre 2004, John Hagee remet deux chèques d’1 million de dollars chacun pour les enfants israéliens et pour les juifs immigrants.

Thierry Meyssan
Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.

[1] « Les fondamentalistes pour la guerre » par Thom Saint-Pierre, Voltaire, 3 avril 2003.

[2] Jerusalem Countdown : A Warning to the World…the Last Opportunity for Peace, par le révérend John Hagee, Frontline éd., 2006.

[3] Pour les chrétiens, l’Antechrist est un personnage qui doit venir avant (= ante) le Christ pour égarer les fidèles. Il est parfois appelé Antichrist pour souligner qu’il s’oppose (= anti) au Christ.

[4] « Pastor Strangelove » par Sarah Posner, American Prospect, 6 juin 2006.

[5] God, Gunns and Israel : Britain, the First World War and the Jews in the Holy Land, par Jill Hamilton, Sutton Publishing, 2004.

[6] Jerry Falwell : An Unauthorized Profile, par William Goodman et James Price, Lynchburg, 1981.

[7] Prophecy and Politics, Militant Evangelists on the Road to Nuclear War, par Grace Halsell, Lawrence Hill & Company, 1986. L’auteur, qui a assisté au congrès en qualité de journaliste, était l’ancienne rédactrice des discours du président Johnson.

[8] « Sommet historique pour sceller l’Alliance des guerriers de Dieu », Voltaire, 17 octobre 2003.

[9] « The Judeo-Christian Alliance - Is the Messianic Era Beginning ? » Par Victor Mordechai, Israel Today Magazine, 16 février 2004. Le caucus est présidé par le député Yuri Shtern, l’un des membres du Bureau du Sommet de de Jérusalem.

[10] À ce sujet on se reportera aux trois présentations délivrées à la conférence Axis for Peace à propos de la percée évangélique en Amérique latine, dans le monde arabe, et en Afrique noire. Dont « Les Églises évangéliques et le jeu des États-Unis dans le monde arabe » par Charles Saint-Prot, Voltaire, 14 novembre 2005.

[11] La condamnation d’Hagee est publiée par Falwell dans Liberty Flame du 6 mai 1994 sous le titre « John Hagee : Heretic ? » Au passage, elle donne lieu à une critique de la vie privée du révérend Hagee qui divorca de sa première femme pour épouser une adolescente. Sa réhabilitation a lieu à l’occasion d’un meeting de la Liberty University, le 4 juillet 2002. Voir « Falwell festivities have surprise guest, » par Julia Duin, The Washington Times, 3 juillet 2002 ; et « Old foes Falwell, Hagee defuse fireworks ar ‘old-fashioned fourth’ », Church and State, septembre 2002.

[12] in The Beginning of the End, par John Hagee, STL, 1996.

[13] « Christian group to advocate more support for Israel » par Julia Duin, The Washington Times, 13 juillet 2006. « Evangelical Christians plead for Israel » par Richard Allen Greene, BBC, 19 juillet 2006.

[14] « Congress forms Israel Allies Caucus » par Etgar Lefkovits, The Jerusalem Post, 27 juillet 2006.

[15] Résolution HR 921 du 20 juillet 2006.

[16] « Les néo-conservateurs et la politique du « chaos constructeur » par Thierry Meyssan, Voltaire, 25 juillet 2006.

[17] « Pour des évangélistes, la guerre au Proche-Orient est “entre le Bien et le Mal” », AFP, 11 août 2006.

[18] « Birth Pangs of a New Christian Zionism » par Max Blumenthal, The Nation, 8 août 2006.

[19] « L’implosion de l’alliance judéo-chrétienne », Voltaire, 23 février 2004.

[20] Standing with Israel : Why Christians Support Israel, par David Brog, Frontline, 2006.

[21] Spiritual Warfare, The Politics of the Christian Right, par Sara Diamond, South End Press, 1989.

[22] « Critics say John Hagee’s compensation is too high » par Analisa Nazareno, San Antonio Express-News, 20 juin 2003.

[23] American Theocracy : The Peril and Politics of Radical Religion, Oil, and Borrowed Money in the 21st Century, par Kevin Phililips, Viking, 2006. Kevin Phillips est l’ancien conseiller électoral du président Nixon.

[24] Sondage CNN réalisé les 2 et 3 août 2006.

http://www.voltairenet.org/article142972.html http://www.voltairenet.org/article142972.html



Bruno de Cessole : “Les américains ont tout fait pour éradiquer toute trace de Ben Laden”

14 05 2012


Le Congrès américain approuve les crimes d’Israël

14 05 2012

20/07/2006

Les Congressistes américains ont exprimé, mercredi, leur soutien formel à l’offensive sioniste contre le Liban. Dans un communiqué publié par le secrétariat du Congrès, celui-ci qualifie de légitime défense l’intense campagne de bombardement israélien contre les zones civiles libanaises. L’avant texte d’une résolution, rédigé en ce sens par un groupe de 62 sénateurs s’apprête d’ailleurs à être soumis au vote des congressistes qui l’adopteront sans doute à l’unanimité. Le texte condamne le Hezbollah pour défendre la souveraineté de son pays et accuse l’Iran et la Syrie de le soutenir. Les sénateurs demandent par ailleurs au Président Bush de poursuivre son soutien sans faille à Israël.

IRIB



Hillary Clinton applaudit les crimes de guerre israéliens

14 05 2012

Hillary Clinton applaudit les crimes de guerre israéliens

 

Jeudi 20 Juillet 2006
par Bill Van Auken, candidat du Parti de l’égalité socialiste au Sénat américain dans l’État de New York

Ses remarques n’ont laissé aucun doute qu’un vote pour Clinton en novembre est un vote non seulement pour la poursuite de la guerre américaine en Irak, mais aussi pour l’expansion et l’intensification du massacre à travers la région.

Dans une situation où les pièces d’artillerie, avions de guerre et hélicoptères de combat israéliens réduisent en ruines les ponts, autoroutes, centrales énergétiques et bâtiments résidentiels libanais, tout en tuant des centaines de civils, Clinton a clairement expliqué que non seulement elle appuyait l’agression contre les Palestiniens et les Libanais, mais aussi qu’elle se tenait prête à appuyer son escalade en guerre totale contre la Syrie et l’Iran.

«Nous appuierons les efforts [d’Israël] pour envoyer un message au Hamas, au Hezbollah, aux Syriens, aux Iraniens, à tous ceux qui cherchent la mort et la domination plutôt que la vie et la liberté», a-t-elle lancé à la foule.

«Envoyer un message» est une expression si anodine pour parler de massacre et de terrorisme d’État. Comment ce message est-il envoyé? Au Liban sud, des avions israéliens ont laissé tomber des prospectus avertissant les villageois qu’ils devaient fuir vers le nord pour survivre. Lorsqu’ils se sont conformés à l’avertissement, un avion de guerre a attaqué une colonne de réfugiés, incinérant 18 personnes, en majorité des enfants. Par la suite, d’autres avions ont démoli les routes principales ainsi que tous les ponts franchissant la rivière Litani, obligeant un grand nombre de réfugiés à abandonner leurs véhicules et à poursuivre leur exode à pied.

Des maisons, des écoles et mêmes des hôpitaux et des ambulances ont été la cible de bombes et missiles israéliens. Dimanche matin, une frappe aérienne israélienne a détruit une aile entière de l’hôpital Jabel Amel à Tyre, tuant une famille de neuf personnes qui avait tenté d’obtenir de l’aide à cet endroit après avoir été victimes d’un précédent bombardement sur leur immeuble à logement.

Des centaines de Libanais ont été tués, presque tous des civils, des femmes et des enfants en majorité. Plusieurs centaines d’autres ont été estropiés dans les bombardements et des centaines de milliers ont été forcés de fuir et font face à une crise humanitaire de plus en plus catastrophique. On parle ici d’un gigantesque acte «d’épuration ethnique», dont le but est de chasser une population entière de chiites appauvris hors du Liban sud.

Au même moment, l’armée israélienne envoie simultanément un «message» semblable à Gaza, où des bombardements et des frappes d’artillerie ont tué des dizaines et blessé des centaines de civils, et ont laissé en ruines de grands espaces du populeux territoire palestinien. Le siège israélien a coupé tout approvisionnement en eau et en électricité à la population tout en l’isolant, comme au Liban, du monde extérieur.

Dans les deux territoires, Israël mène des actes sauvages et massifs de punition collective contre les populations civiles: des crimes de guerre au sens le plus strict du droit international. Des représentants de l’armée israélienne ont ouvertement proclamé que leur objectif était de renvoyer Gaza «à l’âge de pierre» et le Liban «20 ans en arrière», à l’époque de la violente guerre civile.

«Nous allons soutenir Israël car Israël défend les valeurs américaines ainsi que les valeurs israéliennes», a proclamé la démocrate au rassemblement de New York.

La remarque de Clinton constitue une diffamation contre le peuple américain. Le massacre systématique du haut des airs d’enfants innocents, ayant pour but de terroriser une population entière ne représente pas les valeurs des travailleurs américains, la très grande majorité de la population, mais plutôt les méthodes perverses et criminelles des élites dirigeantes des États-Unis et d’Israël, déterminées à imposer leur diktat impérialiste à la totalité du Moyen-Orient, utilisant tous les moyens nécessaires.

Lors d’une autre apparition publique suivant le rassemblement pro bombardements aux Nations unies, Clinton a démontré quel genre de «valeurs» elle défendait. Elle était en effet l’invitée d’honneur d’une campagne de levée de fonds parrainée par l’éditeur milliardaire Rupert Murdoch, dont l’empire médiatique de droite comprend Fox News et le New York Post, deux des plus ignobles porte-parole de l’extrême droite américaine.

La réalité est que les politiciens, ainsi que les médias, mentent systématiquement au peuple américain à propos de la guerre qui s’intensifie au Moyen-Orient, décrivant l’agression à sens unique contre une population pratiquement sans défense comme un acte légitime «d’autodéfense». Aucun important journal ou réseau de télévision ne fournit une image claire du carnage qui a été déclenché contre le peuple du Liban.

Étant donné la description presque universelle d’Israël comme l’innocente victime, on pourrait difficilement savoir que les pertes libanaises, presque toutes civiles, supplantent celles d’Israël, dont la moitié sont des soldats, par un facteur de presque dix.

L’affirmation faite par Israël, et répétée par Clinton au rassemblement de New York, que ces importantes offensives militaires sont une riposte à la capture de trois soldats israéliens, un à Gaza et deux au Liban sud, est manifestement absurde. Ces opérations ont été planifiées depuis longtemps, et les soldats capturés n’ont été utilisés que comme prétexte, à la grande consternation de leurs familles qui ont demandé au gouvernement israélien de négocier leur libération.

L’analogie démagogique de Clinton

Dans une de ses envolées démagogiques qui a obtenu les plus grands applaudissements du rassemblement sioniste, Clinton a déclaré: «Je veux que nous, ici à New York, nous imaginions que des terroristes extrémistes nous attaquent à la roquette à partir de l’autre côté de la frontière canadienne ou mexicaine. Resterions-nous les bras croisés ou défendrions-nous les États-Unis contre ces attaques d’extrémistes?»

Cette analogie est tirée par les cheveux, mais elle aurait dû ajouter: «Ne bombarderions-nous pas les bâtiments résidentiels de Montréal, ne démolirions-nous pas l’aéroport international de Toronto, n’incinérerions-nous pas des familles canadiennes entières dans leurs foyers ou sur les routes et ne transformerions-nous pas toute la population du sud de l’Ontario en réfugiés?»

Une autre analogie de frontières, qui donne une meilleure idée du caractère disproportionnée de la réponse d’Israël, serait celle-ci: «Imaginez que des membres d’une des milices de droite patrouillant la frontière fasse feu sur des immigrants mexicains se préparant à traverser la frontière et que le gouvernement du Mexique réponde par des raids aériens massifs contre San Diego, Dallas et Houston, qu’il bombarde les pistes de l’aéroport JFK à New York et qu’il force des centaines de milliers d’Américains à fuir vers le nord du pays.»

Naturellement, le Mexique n’a pas les moyens militaires de mener une telle opération contre son voisin du nord, pas plus que les Palestiniens de la bande de Gaza peuvent lancer un assaut contre Israël chaque fois que les Forces de défense israéliennes (FDI) organisent un raid dans leur territoire, tuant des civils et enlevant des personnes qui disparaissent dans le système carcéral israélien sans jamais être accusées, encore moins jugées. Le Liban non plus n’a pas les moyens d’entreprendre une opération «d’autodéfense» chaque fois que les troupes israéliennes traversent sa frontière. De tels actes de violence militaire massive ne sont réservés qu’aux plus puissants gangsters de la région, Washington et Tel-Aviv.

Sur la même tribune qu’Hillary Clinton, l’ambassadeur israélien aux Nations unies, Dan Gillerman, a donné voix à ce gangstérisme. Se tournant vers l’édifice des Nations unies, il s’est écrié: «Laissez-nous terminer le boulot»! Ensuite, parlant des timides critiques de certains gouvernements européens, il a déclaré «Et à ces pays qui prétendent que nous utilisons une force disproportionnée, nous n’avons que ceci à dire: vous avez foutrement raison»!

Cette indifférence arrogante envers l’opinion publique mondiale et cette fascination pour la force brutale forment les traits caractéristiques de la politique israélienne. Ils se fondent sur l’appui inconditionnel des gouvernements américains successifs et des politiciens de la grande entreprise comme Clinton.

Hillary Clinton est peut-être la plus servile de toutes les personnalités politiques américaines devant les positions de la droite israélienne. Selon des données publiées par la commission électorale fédérale, elle a reçu le plus de fonds de campagne de la part du lobby israélien dans le cycle de campagne de 2005-2006, dépassant de loin tous les autres politiciens, démocrates comme républicains.

Vers la fin de l’an dernier, elle s’est rendue en Israël pour une séance de photos aux pieds du mur rappelant l’apartheid qu’Israël utilise pour accaparer encore plus de territoires palestiniens et pour couper des milliers de personnes de leurs emplois, de leurs écoles et de leurs fermes. Endossant ce projet, elle a proclamé qu’il «n’était pas contre le peuple palestinien» mais seulement «contre les terroristes».

Elle s’est distinguée en attaquant l’administration Bush de la droite sur sa politique envers l’Iran, reprenant largement les positions du Comité américain des affaires publiques israéliennes qui préconise une guerre américaine contre les Iraniens.

La politique de Clinton, toutefois, est loin d’être unique. Les deux principaux partis sont demeurés silencieux et indifférents envers la souffrance du peuple libanais et du peuple palestinien tout en endossant entièrement le «droit» d’Israël à lancer une agression contre le Liban et Gaza. Les deux chambres du Congrès préparent des résolutions qui explicitent cette position.

Clinton et les démocrates, tout autant que Bush et les républicains, prennent une décision calculée et de sang-froid de permettre que le carnage au Liban et dans la bande de Gaza continue et de s’opposer à tout effort sérieux pour arriver à un cessez-le-feu avant qu’Israël ait atteint ses objectifs militaires.

En me présentant contre Hillary Clinton au Sénat, je rejette catégoriquement son soutien au militarisme et à l’expansionnisme israéliens. Je demande la cessation immédiate de toute aide américaine à la machine militaire israélienne, qui reçoit aujourd’hui près de $3 milliards annuellement, soit un cinquième du budget total que consacre Washington à l’aide étrangère, et ce, pour un pays représentant à peine plus qu’un millième de la population mondiale.

Cette énorme dépense de fonds américains pour armer Israël a le même but que la guerre et l’occupation illégales de l’Irak. Il ne s’agit pas de «défendre la démocratie» ou «vaincre le terrorisme» mais de garantir la domination américaine du Moyen-Orient et de ses réserves stratégiques de pétrole, et de projeter la puissance économique et militaire des États-Unis dans toute la région.

En opposition au soutien de Clinton pour le maintien de l’occupation de l’Irak, le Parti de l’égalité socialiste demande le retrait immédiat et sans conditions de toutes les troupes américaines. Nous demandons également que tous ceux coupables d’avoir traîné les Américains dans cette guerre sur la base de mensonges soient tenus responsables, tant en matière politique que criminelle.

Ni la lutte pour mettre fin à la guerre en Irak, ni le combat contre l’agression israélienne au Liban et dans les territoires palestiniens, ne peut aller de l’avant par le biais d’appels adressés aux Nations Unies ou à la «communauté internationale», les deux s’étant avérés impuissants face à l’éruption du militarisme américain et israélien.

De telles luttes contre la guerre impérialiste ne peuvent aller de l’avant que par la mobilisation politique indépendante des travailleurs. Malgré l’opposition de la majorité de la population américaine à la poursuite de la guerre en Irak, la revendication d’un retrait des troupes américaines ne trouve aucune écho significatif dans l’un ou l’autre des partis établis. La seule voie de l’avant réside dans une rupture décisive avec le parti démocrate et la construction d’un nouveau parti politique indépendant de la classe ouvrière.

En même temps, le combat contre la guerre exige une lutte pour l’unité internationale de la classe ouvrière, notamment pour unir les travailleurs juifs et arabes en Israël et dans les pays arabes dans la lutte pour libérer la région de la domination exercée par l’impérialisme et les classes dirigeantes locales – tant bourgeoises arabes que sionistes – et mettre ses ressources considérables au profit de tous.

C’est pour faire avancer ces objectifs que le Parti de l’égalité socialiste intervient dans l’élection de 2006. Je demande instamment à tous ceux qui s’opposent à l’escalade du militarisme américain et israélien dans le Moyen-Orient, et à la menace croissante d’une guerre plus large, de soutenir notre campagne et d’aider à mettre des candidats du PES sur le scrutin.

source:wsws.org






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